Si
malgré son ego ordinaire, l’Homme se croit grand, quand il
est face à une grande pièce d’Alain Bellanger, il
ne peut que rejoindre le monde des Lilliputiens.
Alain
Bellanger est un artiste. Le mot fait plaisir à bien du monde
qui ne peut guère pourtant s’en targuer. Lui, le peut,
qui, après une expo à Hyères (Var), a filé
exposer à Boston puis New York, avant de revenir pour un projet
au Stade de France.
Tout cela ce n’est pas de la mousse. C’est du dur. Ceux qui
ont connu le jeune homme il y a vingt ans, qui galérait
à Châteauroux en travaillant son pastel avec ardeur mais
sans succès, peuvent le retrouver avec la même
sincérité artistique, la maîtrise absolue.
Depuis le mois d’avril, Bellanger exposait quatre ou cinq toiles
à l’Atelier de François Lapierre, 204, avenue des
Marins. Et comme ponctuellement, Lapierre en vendait une ou deux,
l’idée de faire une vraie et grande expo a mûri, ce
qui s’est fait début décembre, rassemblant un
nombre fort conséquent d’amateurs éclairés,
d’amis, de collectionneurs avisés. Bref, le succès
fut complet. Au-delà de l’imaginable.
Aussi Alain Bellanger qui a laissé partir tous ces travaux chez
leurs nouveaux propriétaires, a-t-il renouvelé les
œuvres aux cimaises de la coquette galerie. Il y a donc du
nouveau depuis cette semaine ! Ainsi, on y retrouve les grands
thèmes chers à l’artiste : primeurs en tous genres,
natures mortes d’atelier, poissons et plantes grasses.
Ici, c’est comme chez Zola : une avalanche de poissons lumineux,
de pommes rebondies et de raisins gourmands, des cactus fleuris et des
courgettes encore en fleur, les boursouflures moelleuses des feuilles
de rhubarbe. On se souvient de la puissante thématique des
cucurbitacées qui contribua à le sortir de l’ombre
tandis qu’il dessinait les larges feuillages rendus quasi
translucides par la lumière naturelle.
A deux doigts
de l’hyperréalisme
Aujourd’hui,
on retrouve, avec les tournesols et le reste, tout le Bellanger
qu’on aime : des œuvres figuratives à deux doigts de
l’hyperréalisme mais juste assez vraies pour n’en
être pas. Cela, c’est pour l’imagerie
décorative qui rassure volontiers.
Mais le bonheur n’est complet avec Bellanger que lorsqu’on
vient se coller le nez à l’ouvrage et qu’on
repère la technique là où le moindre coup de
crayon gras est une sorte de gribouillis. C’est là, dans
cette abstraction, que transparaît l’artiste.
Exposition
Alain Bellanger, galerie l’Atelier, 204, avenue des Marins,
tél. 02.54.27.40.11 et 06.60.22.78.36. Ouvert tous les
jours, de 9 h à 12 h 30 et de 14 h à 20 h, et le
dimanche, dès 15 h (horaires élastiques).
M.D.
La Nouvelle République
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Remise d'un prix au salon de la pêche 2007
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